Profitez de l'été pour évaluer le sommeil de vos patients !

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Profitez de l'été pour évaluer le sommeil de vos patients !

L’été et les périodes de vacances offrent une opportunité unique pour évaluer les troubles du sommeil. Cette année plus encore, les épisodes de canicule rappellent combien les conditions environnementales influencent la qualité du sommeil. La chaleur nocturne, les modifications des rythmes de vie et l'absence de contraintes professionnelles peuvent révéler ou aggraver une insomnie, un syndrome d'apnées obstructives du sommeil (SAHOS) ou d'autres troubles du sommeil.

Pourquoi les vacances sont-elles utiles ?

Les vacances permettent ainsi d'observer le sommeil dans des conditions plus proches du rythme biologique du patient et de distinguer ce qui relève des habitudes de vie, du stress ou d'un trouble du sommeil sous-jacent.

Rythme naturel : En l’absence d’obligations professionnelles, les patients adoptent souvent un rythme de sommeil plus proche de leur chronotype (couche-tard ou lève-tôt).

Réduction du stress : L’éloignement des sources de stress professionnel peut révéler si l’insomnie est liée à des facteurs psychologiques ou environnementaux.

Observation des habitudes : Les vacances permettent d’identifier des problèmes d’hygiène de sommeil (exposition aux écrans, horaires irréguliers, etc.) ou un manque d’activité physique.

Questions "clés" 

  • Avez-vous remarqué une amélioration ou une aggravation de votre sommeil pendant les vacances ? »
  • À quelle heure vous couchez-vous et vous levez-vous naturellement, sans réveil ? »
  • Ressentez-vous une fatigue persistante au réveil, même après une nuit complète en fin de vacances ? »

Comprendre le chronotype

Le chronotype (couche-tard ou lève-tôt) est déterminé génétiquement et influence les heures naturelles de sommeil. Un déséquilibre entre le chronotype et le rythme de vie (ex. : un couche-tard contraint de se lever tôt pour le travail) peut causer une dette de sommeil chronique.

Comment évaluer le chronotype ?

Test simple : Demandez au patient de noter, pendant les vacances, ses heures naturelles de coucher et de lever (sans réveil).

Comparaison : Comparez ces horaires avec ceux de la période professionnelle. Un décalage important peut indiquer un conflit entre chronotype et obligations sociales.

L’agenda du sommeil 

L’agenda du sommeil est un outil incontournable, il permet de :

Objectiver les habitudes de sommeil : heures de coucher/lever, durée, réveils nocturnes, etc.

Identifier des schémas récurrents : insomnie les nuits avant un jour de travail, etc.

Comparer les périodes de vacances et d’activité professionnelle.

Comment remplir l'agenda ?

Demandez au patient de noter, pendant au moins 2 semaines (idéalement 1 semaine de travail + 1 semaine de vacances) le matin au réveil pour décrire le déroulement de la nuit, et le soir pour reporter ce qui s’est passé dans la journée.

Prise en charge

Régularité : Des heures de coucher/lever très variables peuvent indiquer un trouble du rythme circadien.

Durée : Une durée de sommeil < 6h (court dormeur) ou > 9h (long dormeur) régulièrement peut orienter vers des conseils adaptés à ce type de patient.

Qualité : Une mauvaise qualité de sommeil malgré une durée de sommeil suffisant sur plusieurs nuits suggère un trouble sous-jacent (SAHOS, SJSR/MPJ, dépression, douleurs chroniques, etc.).

Fatigue persistante : Une fatigue malgré un sommeil de bonne qualité peut évoquer une pathologie (ex. : anémie, hypothyroïdie…).

Problèmes fréquents identifiables pendant les vacances

Dette de sommeil : Si le patient dort systématiquement plus longtemps pendant les vacances, cela peut indiquer une dette accumulée pendant l’année.

Hygiène de sommeil : Des réveils nocturnes persistants même en l’absence de stress peuvent révéler une mauvaise hygiène (ex. : écrans, caféine tardive, alcool au repas du soir…).

Manque d’activité physique : Une sédentarité accrue pendant les vacances peut aggraver l’insomnie (le sport favorise le sommeil profond). A contrario les patients qui réalisent plus d’activité physique pendant leurs vacances, améliorent leur qualité du sommeil.

Chaleur et SAHOS : un duo problématique

Pourquoi la chaleur aggrave-t-elle le SAHOS ?

Dilatation des voies aériennes supérieures : la chaleur favorise la congestion nasale et le relâchement des muscles pharyngés, aggravant les obstructions.

Transpiration : les réveils fréquents pour boire ou uriner (liés à la déshydratation) fragmentent le sommeil.

Utilisation de la climatisation : un air trop sec peut irriter les voies respiratoires.

Faut-il adapter les réglages de la PPC ou de l’OAM ?

PPC (Pression Positive Continue)

  • Augmenter l’humidification : pour limiter l’assèchement des muqueuses.
  • Vérifier l’étanchéité du masque : la transpiration peut réduire son efficacité. Nettoyer la bulle du masque tous les jours.
  • Adapter la pression : en cas d’aggravation des symptômes, une augmentation des réglages peut être nécessaire.

OAM (Orthèse d’Avancée Mandibulaire)

  • Contrôler le confort : la chaleur peut rendre l’orthèse moins tolérée (sécheresse buccale).
  • Hydratation : encourager le patient à boire suffisamment avant le coucher.
  • Adapter la protrusion de la mandibule inférieure : en cas d’aggravation des symptômes, une augmentation des réglages peut être nécessaire.

Canicule : quels conseils rappeler ?

  • Maintenir une bonne hydratation tout au long de la journée
  • Rafraîchir la chambre avant le coucher (objectif : 18-20 °C si possible).
  • Fermer volets et fenêtres durant la journée et aérer la nuit lorsque la température extérieure diminue.
  • Éviter l'alcool le soir, qui favorise à la fois la déshydratation et la fragmentation du sommeil.
  • Privilégier des vêtements et une literie légers.
  • Être particulièrement vigilant chez les personnes âgées, fragiles ou atteintes de SAHOS.

Au-delà de l'amélioration du sommeil, ces mesures participent à une meilleure tolérance des épisodes de canicule et renforcent la prévention chez les patients à risque

PROFITER DE L'ÉTÉ 
POUR AGIR DÈS LA RENTRÉE

Les vacances sont le moment idéal pour repérer des troubles souvent masqués et adapter la prise en charge. 

  • En cas de suspicion de SAHOS, d'insomnie chronique ou d'un autre trouble du sommeil : orientez le patient vers un somnologue. 
  • Si la fatigue persiste, un bilan biologique (NFS, ferritine, TSH…) peut être proposé. 
  • Enfin, encouragez la tenue d'un agenda du sommeil pour assurer un suivi dans la durée. 

Une collaboration initiée par le CMG et Santé publique France - Juillet 2026

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