30th WONCA Europe Conference
Du 30 juin au 3 juillet 2026

Épisode de chaleur : points de vigilance en médecine générale

Dans le contexte de l’épisode de chaleur actuel et des tensions possibles sur le système de soins, le Collège de la Médecine Générale souhaite rappeler quelques points de vigilance pratiques. Il ne s’agit pas d’ajouter des injonctions à des organisations déjà fortement sollicitées, mais de partager des repères opérationnels, à adapter à chaque situation.

Patients les plus exposés. La priorité est de repérer, autant que possible, les patients les plus vulnérables : personnes âgées isolées, patients polypathologiques ou polymédiqués, nourrissons, personnes en situation de précarité, personnes vivant dans un logement difficile à rafraîchir ou bénéficiant de peu de soutien. Lorsque l’organisation le permet, un contact ciblé peut être utile, en s’appuyant sur les secrétariats, assistants médicaux, proches, aidants, services d’aide à domicile et infirmiers libéraux déjà présents auprès des patients.

Aller vers, de façon ciblée. Sans viser un appel systématique de toute la patientèle fragile, l’enjeu est d’utiliser les relais déjà en place : signalement par les IDE de situations à risque, mobilisation d’un aidant, avis téléphonique, visite ou orientation rapide si signes d’alerte.

Traitements à risque. Chez les patients fragiles, chroniques ou polymédiqués, une réévaluation individualisée des traitements susceptibles d’aggraver les conséquences de la chaleur ou de la déshydratation peut être nécessaire, sans arrêt systématique ni modification sans avis médical. Le référentiel de l’ANSM sur les médicaments pouvant diminuer l’adaptation de l’organisme aux vagues de chaleur peut servir de support. La vigilance concerne notamment les diurétiques, laxatifs, antihypertenseurs, neuroleptiques et autres psychotropes, traitements anticholinergiques, certains antiépileptiques ou antidiabétiques, ainsi que les AINS, l’aspirine à dose anti-inflammatoire (> 500 mg/j) et les coxibs, en particulier en cas de déshydratation ou d’insuffisance rénale. La conservation des médicaments et dispositifs sensibles à la chaleur doit également être vérifiée, en particulier insulines, lecteurs et bandelettes glycémiques.

Organisation du cabinet. Selon les possibilités, il peut être utile d’anticiper une demande de soins non programmés plus importante, de préserver quelques créneaux de réponse rapide, d’adapter certains rendez-vous programmés (appel ou téléconsultation lorsque c’est pertinent) et d’informer les patients sur les signes d’alerte : altération de l’état général, confusion, malaise, fièvre élevée, crampes importantes, somnolence inhabituelle, absence d’hydratation suffisante ou diminution marquée des urines.

Coordination à domicile et en établissement. Pour les patients suivis à domicile ou en EHPAD, les échanges avec les IDE, les SSIAD, les services d’aide à domicile et les équipes des établissements peuvent aider à repérer rapidement les situations à risque, vérifier que les mesures d’hydratation et de rafraîchissement sont effectives et adapter la réponse médicale.

Le Collège de la Médecine Générale remercie l’ensemble des médecins généralistes pour leur mobilisation dans cette période, dans un contexte d’exercice déjà contraint.

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